14 mars 2006

Rise and Fall of the Roman Empire


La Gizmondo est morte, vive la DS. Une fois encore, un challenger aux poids lourds que sont Sony, Nintendo, ou Microsoft a mordu la poussière. Il n’y a pas vraiment de place pour une nouvelle entreprise sur le marché des consoles, beaucoup s’y sont cassé les dents (bonjour à Nokia qui a développé le concept d’anergonomie avec la Ngage – oui inventer des mots c’est aussi ma grande passion).

Le bébé de Tiger Telematics voulait occuper le créneau de console hybride. La pauvre Gizmondo avait pourtant tout pour plaire : console de jeux, possibilité d’envoyer des SMS/MMS, elle avait même un système GPS ! D’accord, si un vendeur m’avait vanté les mérites d’une console en insistant sur son GPS incorporé, j’aurais été un pris d’un rire dément, revêtu une robe pourpre et psalmodié des prières au grand Nyarlathotep.

Pourtant, en y réfléchissant une minute (essayez vous verrez), ce n’était pas une si mauvaise idée. Au-delà des classiques du genre sur une console portable, Tetris psychédéliques et autres jeux de voitures, le GPS pouvait laisser espérer l’émergence d’une nouvelle sorte de loisirs. Le GPS permet de mélanger le jeu avec des éléments de la vie réelle, en se déplaçant physiquement dans sa ville à la recherche d’objets ou même d’autres joueurs, et pourquoi pas de sous-people grassement payés (
Hey Massimo, long time no see). Colors était un des titres phare de la Gizmondo. Le joueur devait peu à peu gravir les échelons dans un gang et prendre le contrôle de quartiers en s’appuyant sur moult trafics et autres rackets. Jusque là, ça sent le sous-GTA mal décongelé, mais une innovation majeure était intégrée (ou du moins vendue comme telle) : le GPS baby !

Notre belle planète était divisée en portions dont il était possible de prendre le contrôle. Le joueur devait protéger et exploiter son territoire en embauchant des
homies. « Bon et le GPS alors ? » me demandez-vous. Patience, bougres de polissons, j’y viens. En multijoueur, il était possible de prendre le contrôle de territoires tenus par d’autres joueurs. Pour cela, il fallait se déplacer physiquement sur la portion contrôlée par son adversaire, qui était averti de l’intrusion par le système GPS. La guerre des gangs était résolue virtuellement, mais l’implication dans la « vraie vie » aurait pu donner une toute autre dimension au jeu. Je me voyais déjà en train de casser les dents du jeune Kevin à coups de batte de base-ball et lui voler sa Gizmondo par la même occasion tout en lui assénant : « Paris est trop petit pour nous deux, gamin, je te laisse Nogent-le-Rotrou ».

Et puis non, c’était démentiel sur le papier et ce ne fut qu’une vaste usine à gaz. La belle histoire se solda par un flop retentissant et la faillite de la maison mère Tiger Telematics. Ajoutez à cela des liens supposés entre le responsable européen de Gizmondo et la mafia suédoise (ne riez pas ils sont super balèzes), une Ferrari Enzo d’une valeur d’un million de dollars saisie, des dettes colossales impayées, et vous avez une superbe histoire à la Shakespeare. Grandeur et décadence, tout cela en à peine un an. Comme quoi les jeux vidéo, c’est autrement plus palpitant que
Plus Belle la Vie.

**Cham

1 commentaire:

Cham a dit…

Aucune réaction, comme quoi la Gizmondo n'intéresse personne. Je vais me tourner vers le top tendance : LA NGAGE.

Ou pas.